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Arno Calleja est né en 1975, à Marseille, où il vit et écrit. Après des études de philosophie, il collabore à de nombreuses revues de poésie. Il a notamment publié Criture et À la Bétonnière, Tu ouvres les yeux tu vois le titre, Un titre simple, La mesure de la joie en centimètres, et La rivière draguée

WORKSHOP

Arno Calleja

Poésie mise en voix

Date
17 → 20 janvier
Lieu
Conservatoire de Rennes
Avec
Conservatoire de Rennes
Credits
DR

Après deux années de collaboration hors les murs, la Maison de la Poésie et la section théâtre du Conservatoire de Rennes s'associent pour un format de workshop à destination des élèves de Cycle 3.

 

Le groupe travaillera avec Arno Calleja à l'écriture et à la mise en voix de textes, à partir d'un corpus établi ensemble, ou de textes originaux. Le but étant d'aborder la mise en voix scénique avec les outils du poète, et non du metteur en scène.

 

La restitution du workshop aura lieu en public au Conservatoire de Rennes, le jeudi 20 janvier, avant la lecture commune de La Mer Gelée.

 

Le projet d'Arno Calleja

Quand j’écris, certains jours, je fais un pari un peu idiot et fou : je me dis que le texte est déjà là. Qu’il préexiste. Et qu’écrivant, je ne fais que le consigner mot à mot. Comme un pur travail d’écoute, passif. Un travail de copiste.

 

Cette méthode d’écriture, toute irrationnelle qu’elle puisse paraître, a un avantage : elle laisse "mon" intention, "mon" vouloir-dire, "ma" pensée, et peut-être "la" pensée même, à distance : c’est autre chose que soi qui en dispose. C’est un travail de dépossession. Mais il faut être très présent, concentré et attentif pour qu’il ait lieu.

 

Pour ce work-shop, j'aimerais proposer une exploration (ouverte, joueuse, désintéressée) de ce point paradoxal.

 

J’apporterais des improvisations orales de David Antin par exemple, où se montrent justement les enjeux de cette concentration extrême, de cette présence dans la parole.

 

Partir du présent, de l'être-là, du lieu spécifique, de l'état mental actuel et laisser le langage faire, se faire.

 

Il se peut que l’intensité dans la langue soit une affaire de passivité. Il se peut qu’écrire, parler (parlécrire) soit une affaire de distraction. Il se peut que dire, lire, oraliser, soit le fait d’un étourdissement.

 

J’apporterai aussi les Cahiers de Nijinski, des poèmes de Robert Creeley, un petit livre qui s’appelle Un titre simple, des poèmes Amérindiens, des récits de trajets faits sous hypnose et des enregistrements de voix de grands fumeurs. Et puis d'autres choses.

 

Tout cela, d'abord, pour se donner l’occasion d’écrire, de lire, de s’écouter. Et de découvrir par inadvertance des mondes.